Vince Taylor,

De son vrai nom Brian Maurice Holden, petit dernier d'une famille de cinq enfants, est né le 14 juillet1939 dans la banlieue de Londres, quelques semaines avant la déclaration de la 2ème Guerre Mondiale. Vers1946, la situation économique désespérée de l'Angleterre et le dénuement des Holden les poussèrent à prendre la décision d'émigrer aux Etats-Unis. Il leur fallut des mois pour vendre tout ce qui était leur vie, meubles et souvenirs, et un beau matin, à Liverpool, ils embarquèrent avec des centaines d'autres personnes sur un grand paquebot aux flans rouillés. Le luxe suprême fut que Mr Holden offrit à sa famille pour ce grand voyage une cabine privée.

Installés dans le New Jersey, ils habitaient une petite maison avec un bout de jardin, et le père de Brian travaillait dans une mine de charbon à quelques kilométres de là. Par souci d'intégration, sa mère et sa soeur passaient tout leur temps libre à coudre et à décorer la maison dans le style de celles du voisinage. Chaque matin à 8 heures, au coup de klaxon, Brian prenait son bus pour l'école où il retrouvait ses nouveaux copains Américains qui l'aimaient bien et où, partageant son temps entre l'école et le sport, la natation devenait son point fort.

 Vers1955 la soeur de Brian: Sheila, annonça son intention d'épouser Joe Singer,et il fut donc décidé que toute la famille Holden s'installerait en Californie.

Joe Singer, sur place, aplanit toutes les difficultés des Holden, et Brian vit rapidement les portes de l'Hollywood High School s'ouvrir à lui. Brian se dirigea vers des cours de Radio et de Météo. Parallèlement à ses études, il suivait des cours de pilotage qui l'amèneront à passer un brevet de pilote.

Il a 18 ans, le rock de Bill Haley et d'Elvis bat son plein et Brian chante partout où il peut: parties entre amis, crochets amateurs, fêtes de l'école, tout est bon. Il a sa gueule, un bon filet de voix, il ne gagne pas d'argent avec la musique mais l'important c'est de chanter.

Puis le rock envahit complètement sa vie, et accompagné par une formation locale, il se taille un franc succès dans des tournées au profit de l'American Legion ainsi que dans les night-clubs de Zummah beach.

Joe Singer, en plus d'être son beau-frère, est devenu un peu son manager, ou tout au moins un conseiller artistique. Devant pour son travail partir quelques semaines à Londres, il lui propose de l'emmener afin d'essayer de l'imposer dans les milieux musicaux anglais. Après plusieurs jours d'errance dans les rues de Londres à essayer de trouver un club où il pourrait écouter cette musique qui déferle déja tant aux Etats-Unis, il fait la connaissance d'un garçon dénommé Paul Taylor qui lui donne l'adresse d'un coffee-bar de Old Campton Street où se produit un jeune chanteur appelé Tommy Steele. Grâce à Tommy avec qui Brian fait très vite connaissance, au nom de leur passion commune pour cette musique, il peut rencontrer quelques véritables amateurs de Rock qui se retrouvent la plupart du temps dans ce bar appelé le 2 I's. Le juke-boxe y diffuse à longueur de journées les disques de Buddy Holly, Fats Domino, Bill Haley, Gene Vincent ou Eddie Cochran.

photo x...

Un soir, Brian amène au 2 I's Joe Singer. Joe est emballé par la disponibilité et l'enthousiasme de ces nouveaux amis musiciens. Mais pour montrer ce dont il était capable, Brian dut rapidement monter sa propre formation. Il fait pour cela la connaissance du batteur Tony Meehan (futur Shadows) ainsi que du bassiste Tex Makins, deux musiciens au métier déja énorme et assez passionnés pour passer des heures à mettre au point les nouveaux arrangements des grands standards du répertoire rock.

 Ses musiciens étant toujours soigneusement habillés, il les appella Les Play-Boys. Quand à lui, Singer est formel sur ce point, son nom Brian Holden ne fait pas assez rock, il lui faut d'urgence en trouver un autre. Joe a le déclic en lisant la devise latine des paquets de Pall Mall "In Hoc Vinces" qu'ils fument depuis le début de la soirée. Tu t'appelleras Vince, dit-il. "Vince" d'accord, mais Vince quoi? répond Brian. Un nom simple et qui frappe l'imagination lui dit Joe. Comme il admirait le grand acteur Robert Taylor, Vince lui dit Taylor, je m'appellerai Vince Taylor, Vince Taylor et ses Play-boys, tout colle à merveille
VINCE TAYLOR et les PLAY-BOYS sont nés.

 

Brian Bennett (drs) -Brian Locking (ctb) -Tony Harvey(gt) -Tony Sheridan( gt) photo x ...

La formation des Play-Boys évoluera souvent, en fonction de la disponibilité des musiciens pendant un certain temps. S'y succéderont, sur la scène du 2 I's et dans de nombreux galas: Brian "Licorice" Locking et Brian Bennett(futurs Shadows), Joe Moretti Tony Sheridan, et surtout Bobbie "Clarke" Woodman batteur, qui lui restera fidèle pendant la plus glorieuse partie de sa carrière.

La formation définitive des Play-Boys est : Bobbie Clarke (drms) John Vance (bss) Alain Le Claire (pno), Tony Harvey (gtr) en alternance pendant les deux premières années avec Bob Steel. Entre galas et prestations télévisées dans les shows de Jack Good sur la chaîne ABC "Oh Boy" ou "Wham", Vince est tous les soirs sur scène dont celle du 2 I's, éprouvant son show jusque dans les moindres détails, peaufinant ce qui quelques années après fera de lui cette bête de scène.

 Vince raconte qu'un jour dans les rues de Londres, il tombe en arrêt devant la vitrine d'une boutique d'équipement pour les sports d'hiver où trône un mannequin habillé de cuir noir des pieds à la tête. Il achète le tout et le soir même, chante dans cette tenue décuplant les réactions et l'enthousiasme du public. Les journalistes et photographes suivant de près ce jeune qui semble avoir quelques chose de plus, commençent à faire paraître articles et photos du groupe. Mais les teddy et motocycle boys assimilés aux voyous anglais, voient en Vince leur égérie et affluent toujours plus nombreux à chacun de ses passages.


photo x

Devant les troubles et les bagarres aussitôt médiatisées par la presse locale ou nationale,
les éventuels organisateurs de spectacles commençent à refroidir et à redouter sa venue

………Sa 1ère proposition discograghique lui vient de la compagnie Parlophone-Odéon, avec qui il enregistre "I Like Love" et "Right Behind You Baby". Ce disque qui sort en Novembre 1958 ne mentionne pas encore le nom des Play-Boys. Il est suivi quelques mois après d'un second 45 trs comportant en face A "Pledgin' My Love" et le mythique "Brand New Cadillac" un morceau de sa composition, en face B. Ce disque se classe 19ème au Top 20 Anglais. Parlophone, mécontent des méventes de ces deux premiers disques, rompt son contrat et c'est chez Palette Records LTD que Vince enregistrera le disque suivant.

Le 19 Août 1960 paraît : "I'll Be Your Hero" et surtout le fameux "Jet Black Machine". Ce disque sera positionné 9 semaines et atteindra le top 15. Mais la jeunesse anglaise est alors, et avec l'aide des medias, canalisée vers un rock beaucoup plus clean et sans scandales, celui de Cliff Richard qui vole de succès en succès avec son groupe les Shadows.

Le caractère déjà instable de Vince crée quelques tensions avec les musiciens de son groupe sanctionnées par des ruptures suivies de réconciliations. Le groupe, de son côté, cherche aussi son autonomie en accompagnant d'autres chanteurs dont Duffy Power. Les Play-Boys dirigés par Bobbie Woodman changent de nom pour s'appeler le "Bobbie Woodman Noise" quand ils sont contactés pour participer à un Concert de rock anglais au prestigieux Olympia de Paris les 7 et 8 Juillet 1961. La vedette est Wee Willie Harris. Les autres artistes sont aux côtés de Duffy Power: Dave Sampson, Vince Eager and Nero and the Gladiators, groupe dans lequel joue Tony Harvey comme soliste.Vince est malgré tout un copain du groupe et demande, n'ayant jamais vu la France à accompagner ses potes jusqu'à Paris. Au besoin et s'ils le veulent, dit-il, "il chantera pour rien".

C'est en faisant enregistrer le passeport de Vince pour son passage en France que Bobbie découvre (surprise... surprise) que Vince n'est pas américain pure souche comme il s'en vante à chaque instant, mais anglais comme le reste de l'orchestre.

Duffy Power, en promenade dans le beau Paris, étant absent pour la balance du groupe à l'Olympia, c'est tout naturellement "le pote": Vince qui la fait pour leur rendre service. Il arbore pour la circonstance son ensemble de cuir noir agrémenté au cou d'une chaîne et d'un médaillon de Jeanne d'Arc achetés en arrivant à Calais et qu'il compte offrir à une copine en rentrant en Angleterre. L'intensité de la balance ajoutée au show de Vince fait que les musiciens eux- mêmes sont époustouflés et l'organisateur décide illico de faire de Vince la vedette des deux shows au grand dam de Duffy Power ( qui la fois suivante, fut certainement à l'heure pour
le sound check…… ).

A partir de ces deux soirées, les choses iront très vite pour Vince Taylor. Eddie Barclay prévenu par Bruno Coquatrix de la performance de Vince et de son groupe redevenu Les Play-Boys, propose par l'entremise de Jean Fernandez, son bras droit, un contrat d'exclusivité de six ans à Vince. C'est aussi l'historique séance de photos avec le célèbre Herman Leonard qui sera à l'origine de pratiquement toutes les pochettes de disques et carte postales promo Barclay, et où l'on verra systématiquement Tony Harvey à la guitare bien que ce fut Bob Steel qui joua sur les premiers enregistrements.

Sommaire
Bio N°1 Ascension

©Copyright BNC2000 et tous droits reservés.